Mercredi 5 septembre 2007
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Le libéralisme et la mondialisation ne sont pas parfaits mais perfectibles.
Le monde occidental est en perte de vitesse.
La France est bien malade, et son redressement est indissociable d’une union européenne.
Les programmes présidentiels, même s’ils la modernisent, n’y suffiront pas.
Il faut voir plus haut.
L’Europe ne se fera pas sans une impulsion des peuples unis derrière une grande vision.
Le travers de la mondialisation libérale se trouve surtout dans l’actionnariat d’entreprises multinationales. Elles ne sont pas coupables, il y a une perversion dans le système.
Le problème de cet actionnariat est l’anonymat du pouvoir. En effet la nébuleuse financière est constituée d’une multitude d’actionnaires dont l’objectif est le profit.
Il est louable de vouloir gagner de l’argent, indispensable d’investir mais l’effet de masse déresponsabilise l’action et l’aveugle quant à ses
conséquences.
Les managements sont soumis à la pression de cet actionnariat déshumanisé et leur priorité imposée est le bénéfice maximum sous peine de fuite de capitaux au gré de la rentabilité, d’où baisse de
compétitivité, difficulté d’investissement, de recherche et… leur propre licenciement. Les salariés sont traités comme un levier. Ainsi délocalisations, fermeture de sites, compression
d’effectifs. Souffrance humaine, incompréhension, diabolisation du capitalisme. Une multitude d’inconnus sont involontairement les bourreaux d’autres
hommes…parfois d’eux-mêmes !
C’est gagnant-perdant. Le cercle vicieux se trouve là. Et c’est là qu’il faut agir.
Il n’est pas question de remettre en cause l’investissement boursier notamment pour le financement privé des retraites du papy-boum. La
génération actuelle étant trop peu nombreuse pour l’assumer.
Au même titre du principe de taxer les pollueurs, il faudrait taxer les « profiteurs ».
Pour ce faire et responsabiliser l’actionnariat, peut-on proposer aux grandes entreprises une charte qui ferait partie de leur culture,
valoriserait leur image : proposer à leurs actionnaires, une capitalisation humaniste ? Humanisme dans le sens du refus de
considérer la masse salariale comme un levier lambda de la rentabilité boursière dans la mesure du possible. Aux Etats d’accorder une plus faible fiscalité sur les bénéfices actionnaires de ces
entreprises humaines et responsables et de sur-fiscaliser ceux qui investirait dans les entreprises entretenant le système perverti. Ce serait une attractivité suffisante pour attirer des
capitaux vers ce nouveau libéralisme responsable et diminuer ceux des autres, ce qui les inciterait à s’y conformer.
Aux états, surtout la France, d’initier le plein emploi ou la flex-sécurité
afin d’assurer la continuité de l’emploi quand l’entreprise doit s’adapter pour survivre.
Ce peut être une grande révolution éthique, issue de l’Europe, initiée en Europe, rassemblant l’Europe derrière un projet adhérant à sa culture
des droits de l’Homme.
L’Europe, premier marché mondial, unie grâce à une grande cause , par son poids économique, par son innovation, sa haute technicité issue de cette adaptation ferait pression sur le reste du monde
afin de réguler les excès du système libéral.
Les entreprises adhérant à cette charte garderaient une liberté totale de gestion, trouvant l’équilibre par une concertation ouverte avec des
syndicats représentatifs.
Management et salariés gagneraient en cohésion, vision d’entreprise. S’ils adhèrent au projet, les solutions seront trouvées. Quant la
conviction est là, la créativité, l’intendance suivent toujours. Et que de pistes dans l’innovation environnementale…
Laissons aux spécialistes le « comment faire ».
L’attractivité fiscale devrait compenser les contraintes acceptées et maintenir la capitalisation.
L’Etat n’interviendrait qu’au niveau contribuable et ne devrait pas y perdre, ne serait-ce qu’en coût moindre du chômage…et en dignité.
L’actionnaire anonyme maintiendrait sa rémunération, ferait une action humanitaire et responsable et ne « profiterait » plus, au
mauvais sens du terme.
Ce serait gagnant-gagnant pour tous.
L’actionnariat salarié a déjà sauvé des entreprises contre des raids boursiers et il faut l’inciter. Un actionnariat éthique existe déjà. Le
politique Européen pourrait le sacraliser.
Les mentalités sont prêtes, surtout les plus jeunes, à ce type d’évolution morale.
Utopie ? Folie ? Bien pire ! Infaisable ? Naïf ? Faille de raisonnement ? Trop simple ?
C’est pourtant un défi qu’il faut relever. Il y faudra du temps et la bonne volonté.
Cette idée ou une autre…C’est pourtant dans une nouvelle pensée qu’on doit évoluer.